- VERDELOT (P.)
- VERDELOT (P.)VERDELOT PHILIPPE (1470?-? 1551)Compositeur français né à Caderousse, près d’Orange, surtout célèbre comme madrigaliste dans un genre dont il fut l’un des créateurs. On sait peu de chose de sa vie; il vécut à Florence (maître de chapelle à San Giovanni, 1523-1525), à Rome (sans doute de 1529 à 1533), puis certainement à Venise (1533-1542), dates approximatives extrêmes de composition de la plupart de ses madrigaux. Il semble avoir terminé ses jours à Florence, où ses derniers manuscrits peuvent être datés de 1545 à 1547. Ses œuvres religieuses manifestent son respect pour la modalité et dénotent une influence de Josquin (trois messes, quatre-cinq voix; neuf hymmes, quatre-cinq voix; deux Magnificat, quatre voix; un Te Deum, quatre voix; des Lamentations, cinq voix; quatre-vingt-un motets, de quatre à sept voix). C’est cependant dans la composition de madrigaux italiens qu’il dévoile tout son talent. On en connaît cent treize de quatre à six voix et trente en tablature; il écrivit aussi quatre chansons (cinq-six voix). Les premiers madrigaux sont encore proches de la frottola par leur homorythmie presque rigoureuse et de longues tierces parallèles.Après 1535, surtout, Verdelot introduit une expression nouvelle: style imitatif, léger chromatisme (cf. l’ampleur de la plainte dans Ultimi miei suspiri , l’un de ses chefs-d’œuvre). C. Bartoli (1503-1572) écrivait: «Il y a là du facile, du grave, du gentil, du compatissant, du preste, du lent, du bénin, de l’irrité, du fugué selon le caractère des paroles.» Signes de sa renommée, Willaert transcrivit pour le luth vingt-deux de ses madrigaux, suivi en cela et plus tard par Gintzler; Cabezón en choisit aussi quelques-uns (tablature de harpe, clavier et vihuela ); son nom figure également dans la tablature pour clavier de Jean de Lublin.
Encyclopédie Universelle. 2012.